FARAHAFATSE :
L’océan, frontière naturelle de
ts, les clous et les rames. Apres une semaine, la pirogue est
préfabriquée . Déjà l’ambiance de fête s’annonce.
A dos d’homme ou en charrette à zébu, on transporte l’embarquement vers le
village. Le bruit circule : une pirogue arrive. Arrivée à la plage, tous les hommes de la famille
participent à l’assemblage et à l’ajustage. Quand tout est fin prêt, les
villageois fêtent l’évènement. D’abord le vieux du village qui demande la
bénédiction ancestrale. Avec l’inévitable « Toaka Gasy » rhum local
du rite malgache, il verse la part des dieux de la mer qui va protéger les
pêcheurs durant tous ses voyages. Ensuite, le propriétaire de la pirogue et son
co-piroguier, se font baptiser à l’eau de mer. Apres cet
accord « homme-mer » tout le monde inaugure la première mise à
l’eau. Les hommes trinquent et boivent, tout en appréciant le rythme du
« Tsapiky » (danse typique de la région). Demain,
A l’aide d’un filet minutieusement tressé, avec un cordon synthétique défibré,
ou un harpon de fer tors adapté à la malgache, le « Vezo » accepte ce
que « Zanahary » ( le dieu créateur ) lui donne. A des endroits, on
trouve sardines et thons. Entre les coraux, perroquets et poissons-chats
faufilent. La rencontre avec des crevettes et langoustes n’est pas souvent
rare. En dehors du récif, des requins se font piéger. Pendant la pêche, au
filet ou en plongée, la pirogue reste ancrée à une pierre corallienne, au
milieu de l’océan, tout en acceptant la caresse traîtresse de la houle
Avec des nomades ou non, la pirogue connaît tout le territoire de sa cote.
Elle reste le seul moyen de communication avec les gens de la terre, elle aussi
relie la vie d’ici et la maison d’ailleurs. A la mort d’un pêcheur, elle
participe à la réalisation de l’habitat de l’au-delà. Elle transporte les
pierres extraites du récif ou du fond marin pour la construction de la tombe.
Elle dit adieu à son propriétaire et dit bonjour à son héritier. Comme son bois
est de « Farahafatse » : littéralement
« dernier message , alla passera le flambeau à un autre fils de
la mer. Repeinte en goudron, elle gardera son étanchéité d’origine et naviguera
avec son nouveau maître. Et quand viendra le jour où celui-ci ira à son tour à
l’intérieur des terres pour chercher le
bois rare, elle prendra sa retraite et restera le long de la plage. Elle n’ira
plus à la mer comme son premier maitre.
HJL









